Allemagne : des automobilistes obtiennent l’annulation de leurs amendes à cause d’un panneau de limitation jugé trop discret
Une bataille judiciaire pas comme les autres vient de secouer la petite ville de Weingarten, en Allemagne. Des dizaines de conducteurs ont refusé de payer leur amende, estimant que le panneau de limitation à 30 km/h n’était pas suffisamment visible. Après plusieurs années de contestation, une partie d’entre eux a obtenu gain de cause.
Un panneau de 30 km/h qui fait polémique
Tout commence en 2022, sur la route de Ravensburg. Habitués à rouler à 50 km/h depuis des années, les automobilistes découvrent un changement soudain : une nouvelle limitation à 30 km/h, installée en raison de travaux. Problème, beaucoup affirment ne pas avoir vu le panneau. Trop discret, mal placé et parfois caché par les bus ou camions, il aurait piégé les conducteurs.
Pourtant, le radar a été reprogrammé à la nouvelle vitesse… et a rapidement rempli les caisses de l’État. En quelques mois, plus de 300 000 € d’amendes ont été récoltés.
38 automobilistes refusent de payer
Alors que des milliers de conducteurs ont réglé sans discuter leur contravention – entre 50 et 150 € – un petit groupe de 38 automobilistes a décidé de se battre devant la justice. Pour eux, il était tout simplement impossible de respecter une limitation mal signalée.
Après un long bras de fer judiciaire, la justice leur a finalement donné raison. Résultat : 22 d’entre eux ont vu leur amende annulée, leurs frais de procédure et honoraires d’avocats pris en charge par le Trésor public.
Mais pas de remboursement pour tous
Si certains ont pu souffler, d’autres n’ont pas eu cette chance. Près de 7 000 conducteurs, qui avaient payé leur amende sans la contester, ne reverront jamais leur argent. Certains ont même perdu leur permis, car ils roulaient à près de 60 km/h, soit le double de la limitation.
De leur côté, les autorités municipales estiment que plus de 90 % des automobilistes ont respecté la limitation, preuve que le panneau était bel et bien visible. Mais la justice a préféré classer les amendes annulées pour des raisons pratiques : engager des procédures coûteuses n’aurait pas été proportionné au montant des contraventions.
Une victoire symbolique
Au final, ce dossier illustre parfaitement la tension entre sécurité routière et légitimité des sanctions. Pour certains, ce radar ressemblait à un piège. Pour d’autres, il s’agissait simplement de respecter le code de la route.
Une chose est sûre : ces automobilistes auront marqué un point face à l’État, prouvant qu’il est parfois utile de contester une amende lorsqu’on estime être dans son bon droit.
