Impôts 2026 : les couples non mariés vont-ils vraiment payer une « taxe de cohabitation » ?

Depuis quelques jours, une rumeur agite les réseaux sociaux et suscite l’inquiétude de nombreux Français : les couples non mariés seraient bientôt soumis à une prétendue « taxe de cohabitation ». TikTok, Facebook et X regorgent de vidéos alarmistes affirmant qu’à partir de 2026, vivre ensemble sans être marié ou pacsé coûterait plus cher en impôts.
Mais qu’en est-il réellement ? Spoiler : cette taxe n’existe pas.

Une rumeur qui tombe à pic dans un climat déjà tendu

Chaque début d’année apporte son lot de changements : évolution du SMIC, ajustement de certaines prestations sociales, nouvelles obligations déclaratives ou encore modifications des règles liées au logement. 2026 ne fait pas exception, avec par exemple l’évolution du calcul du diagnostic de performance énergétique pour les logements chauffés à l’électricité ou l’obligation de déclarer certains dons entre particuliers.

C’est précisément dans ce contexte que la rumeur de la « taxe de cohabitation » a émergé. Un terrain idéal pour semer le doute, surtout auprès d’un public déjà inquiet face à la pression fiscale et à la hausse du coût de la vie.

Une information totalement fausse

Malgré de nombreuses vérifications, aucune trace de cette prétendue taxe n’apparaît dans les textes officiels, ni sur le site du ministère de l’Économie et des Finances, ni dans les projets de loi de finances pour 2026.
Des journalistes de TF1 se sont penchés sur ces vidéos virales et ont confirmé qu’il s’agissait d’une fake news pure et simple.

Autrement dit : aucun impôt spécifique ne vise aujourd’hui, ni ne visera en 2026, les couples vivant ensemble sans être mariés ou pacsés.

Quand la désinformation devient un modèle économique

L’un des créateurs à l’origine de cette rumeur a accepté de témoigner. Il explique avoir volontairement basculé vers des contenus absurdes ou faux pour générer de l’engagement. Selon lui, beaucoup d’internautes comprennent que l’information est fausse, mais likent ou partagent « pour rire ».
Problème : une partie du public prend ces contenus au sérieux et ne va pas plus loin pour vérifier l’information.

Résultat : la vidéo génère des vues, donc des revenus publicitaires. Le créateur reconnaît gagner plusieurs dizaines, voire une centaine d’euros par mois grâce à ce type de contenus.

Des fake news souvent venues de l’étranger

Autre élément troublant : certains des comptes les plus actifs dans la diffusion de ces fausses informations ne sont même pas basés en France. Des investigations ont montré que plusieurs d’entre eux opèrent depuis l’Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire ou au Togo.

Le mécanisme est simple : exploiter la défiance envers les institutions françaises et la peur des nouvelles taxes pour créer des contenus viraux, facilement monétisables.

Pourquoi autant de personnes y croient ?

La réponse tient en grande partie à l’évolution des usages. De plus en plus de Français s’informent exclusivement via les réseaux sociaux, sans passer par les médias traditionnels. Or, sur ces plateformes, une vidéo bien montée, parfois renforcée par l’intelligence artificielle, peut sembler crédible en quelques secondes.

Sans vérification des sources, la rumeur devient alors une « vérité » pour certains, alimentant colère, incompréhension et rejet de la classe politique.

Ce qu’il faut retenir

  • Il n’existe aucune « taxe de cohabitation » pour les couples non mariés en 2026.
  • Cette information est une fake news née sur les réseaux sociaux.
  • Elle s’inscrit dans un phénomène plus large de désinformation monétisée.
  • Avant de partager ou de s’inquiéter, il est essentiel de vérifier les sources officielles.

Dans un contexte où les impôts et le pouvoir d’achat sont des sujets sensibles, la prudence est plus que jamais de mise. S’informer, oui, mais pas à n’importe quel prix.

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