« Jusqu’à 4 fois par semaine » : ces Français ont trouvé la faille pour faire le plein d’essence gratuitement

Face à la hausse annoncée des prix du carburant, certains automobilistes ont trouvé une combine surprenante pour éviter de payer leur plein. Une « astuce » qui peut sembler maligne au premier abord… mais qui relève clairement de l’arnaque et de l’infraction pénale. Et pourtant, elle est utilisée régulièrement par des conducteurs français vivant près de la frontière suisse.

Une hausse des prix qui pousse certains à contourner les règles

Faire le plein n’a jamais été réjouissant. Et cela risque de devenir encore plus douloureux en 2027 avec l’entrée en vigueur du marché carbone européen ETS 2. Ce système fera payer les émissions de CO₂ directement dans le prix du carburant. Selon l’Institut Montaigne, cette mesure pourrait entraîner une augmentation de l’ordre de 17 centimes par litre, hors TVA.

De quoi motiver certains automobilistes à chercher des alternatives… parfois très discutables.

Un aller-retour en Suisse pour un plein gratuit

Le phénomène, rapporté par Ouest-France et 24 Heures, concerne principalement les Français vivant près de la frontière suisse. Là-bas, dans de nombreuses stations-service, le fonctionnement est encore basé sur la confiance : les pompes ne demandent pas de prépaiement. Le conducteur fait son plein, puis se rend à la caisse pour régler.

Du moins, c’est ce qui est censé se passer.

Certains automobilistes étrangers profitent de cette « largesse » pour quitter la station sans payer. Une pratique illégale, assimilée à un vol, mais suffisamment courante pour inquiéter les distributeurs suisses.

Une combine illégale, répétée jusqu’à quatre fois par semaine

D’après les témoignages recueillis, certains fraudeurs n’hésitent pas à franchir la frontière plusieurs fois par semaine pour profiter de ce système. Certains s’y rendent « jusqu’à quatre fois par semaine », simplement pour faire un plein gratuit avant de repartir en France.

Cette stratégie repose sur un fait simple : récupérer de l’argent auprès d’automobilistes étrangers est souvent plus compliqué. Les poursuites existent, mais elles ne se révèlent pas toujours efficaces lorsqu’il s’agit de conducteurs domiciliés hors de Suisse.

Des pertes colossales : 5 millions de francs suisses par an

Le phénomène n’est absolument pas marginal. Selon le quotidien suisse 24 Heures, le vol de carburant représenterait environ 5 millions de francs suisses de pertes par an, soit environ 5,4 millions d’euros.

Les stations-service équipées de caméras de surveillance identifient dans la plupart des cas la plaque du véhicule. En Suisse, les poursuites sont systématiques. Le réseau Socar, par exemple, travaille avec une société spécialisée pour agir contre les fraudeurs.

Mais dès qu’un automobiliste vit en dehors du territoire suisse, la procédure devient plus complexe. Et certains l’ont bien compris.

L’exemple devenu célèbre : « l’étourdi à la Ford Focus »

Au printemps dernier, un conducteur marseillais est devenu tristement célèbre. À Bursins, dans une aire d’autoroute où deux stations-service sont installées de part et d’autre, il a accumulé les passages sans payer. Tellement fréquents qu’on lui a attribué un surnom : « l’étourdi à la Ford Focus ».

Ce cas n’est pas isolé et souligne l’ampleur du problème.

Pourquoi la Suisse peine à récupérer les impayés venus de France

Les professionnels du secteur le confirment : récupérer les sommes dues auprès de ressortissants étrangers est difficile.

Branko Bjelajac, directeur d’une société de recouvrement, résume la situation :
« Il est plus difficile de récupérer les montants dus par des ressortissants domiciliés dans les pays voisins. »

Des dossiers s’accumulent, mais tous n’aboutissent pas. Résultat : certains automobilistes français profitent de cette faille juridique pour continuer leurs pleins gratuits, en espérant échapper aux sanctions.

Un système basé sur la confiance… de plus en plus fragilisé

Si les stations-service suisses fonctionnent encore largement sans prépaiement, cela pourrait changer. Les exploitants sont de plus en plus nombreux à envisager des solutions comme :

  • le paiement obligatoire avant le remplissage
  • des systèmes automatiques avec carte bancaire
  • une généralisation des caméras intelligentes

Tout cela pour mettre fin à une fraude qui finit par coûter cher… très cher.

Un « bon plan » qui n’en est pas un

Si certains automobilistes frontaliers pensent avoir trouvé une faille, ils oublient un détail :
cette pratique constitue un vol, punissable autant en Suisse qu’en France.

Les poursuites peuvent se poursuivre d’un pays à l’autre, même si elles sont plus complexes. Et laisser une ardoise derrière soi n’est jamais sans risque : amendes, interdiction d’entrée en Suisse, voire poursuites pénales.

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