Avec une retraite de 850 €, Ángel emprunte 60 000 € pour acheter une pelleteuse : à 77 ans, elle lui rapporte jusqu’à 3 500 € par mois

À 73 ans, alors que sa pension ne lui permettait même plus de couvrir ses dépenses essentielles, Ángel a pris une décision particulièrement risquée : contracter un emprunt pour acheter une pelleteuse. Quatre ans plus tard, le retraité espagnol continue de travailler sur les chantiers et gagne désormais plusieurs milliers d’euros par mois.

Pour de nombreux retraités, la fin de la vie professionnelle ne signifie pas forcément l’arrêt total du travail. Certains souhaitent conserver une activité pour rester entourés, maintenir un rythme quotidien ou continuer à se sentir utiles. Pour d’autres, reprendre un emploi devient surtout une nécessité financière.

Lorsque les dépenses liées au logement, à l’alimentation ou à l’énergie dépassent le montant de la pension, le cumul entre retraite et activité professionnelle peut apparaître comme l’une des seules solutions pour préserver un niveau de vie convenable.

C’est précisément la situation à laquelle Ángel, un Espagnol aujourd’hui âgé de 77 ans, a été confronté.

Une carrière interrompue par la crise économique

Ángel avait commencé à travailler très jeune. Électricien depuis l’âge de 16 ans, il pensait probablement poursuivre son métier jusqu’à une retraite relativement paisible. Mais la crise économique de 2008 a bouleversé ses projets.

Licencié en pleine période de ralentissement économique, il éprouve de grandes difficultés à retrouver un emploi. Face au manque de débouchés et à l’incertitude, il finit par accepter un départ anticipé à la retraite.

Cette décision, prise par défaut plutôt que par choix, entraîne toutefois de lourdes conséquences sur le montant de sa pension. Chaque mois, Ángel ne perçoit que 850 euros.

Une somme largement insuffisante pour faire face à ses dépenses quotidiennes.

Sur ses 850 € de retraite, 840 € partaient dans le loyer

La situation financière du septuagénaire devient rapidement intenable. Sur les 850 euros qu’il reçoit chaque mois, environ 840 euros sont consacrés au paiement de son loyer.

Il ne lui reste donc pratiquement rien pour régler l’électricité, l’eau, les courses ou les autres dépenses indispensables.

« Ça ne suffisait pas pour payer le loyer, l’électricité, l’eau… », a-t-il expliqué à la chaîne espagnole Telemadrid.

Pendant plusieurs années, Ángel tente de tenir avec cette pension extrêmement faible. Mais il comprend progressivement qu’il ne pourra pas continuer ainsi indéfiniment. Malgré son âge, il décide alors de chercher un moyen de reprendre une activité rémunérée.

À 73 ans, il emprunte pour acheter une pelleteuse à 60 000 €

Ángel ne choisit pas une simple activité à temps partiel. À 73 ans, il prend une décision beaucoup plus radicale : s’endetter pour acheter une pelleteuse.

Le prix de l’engin atteint environ 60 000 euros. Un investissement considérable pour un retraité disposant de peu de ressources et qui comporte un risque financier important.

Pour lui, cette acquisition n’était pourtant pas un projet de confort, mais une tentative de sortir d’une situation devenue impossible.

« J’ai dû faire ça parce que je n’avais pas d’autre choix pour subvenir à mes besoins », explique-t-il.

Après avoir obtenu le financement nécessaire, Ángel achète donc la machine et se lance dans une nouvelle activité professionnelle, alors qu’il n’avait jamais conduit de pelleteuse auparavant.

Il apprend à conduire l’engin entièrement seul

Le retraité ne suit pas de longue formation avant de commencer. Il affirme avoir appris directement sur le terrain, en testant les commandes de la machine et en accumulant les heures de pratique.

« Personne ne m’a appris à conduire cette machine. Je l’ai achetée, je suis monté dessus et je me suis mis au travail », raconte-t-il.

Même si ce métier était nouveau pour lui, Ángel connaissait déjà les exigences du travail physique. Issu d’une famille d’éleveurs, il avait grandi au contact du bétail et participait, avec ses frères, aux nombreuses tâches nécessaires au fonctionnement de l’exploitation familiale.

Cette expérience lui avait appris à travailler dur, à s’adapter et à ne pas reculer devant les difficultés.

Au fil des chantiers, il parvient à maîtriser sa pelleteuse et à se constituer une clientèle. Son âge ne semble pas décourager les personnes qui font appel à lui. Les demandes se multiplient et son activité finit par devenir rentable.

Il gagne désormais entre 3 000 et 3 500 € par mois

Quatre ans après l’achat de sa machine, Ángel travaille toujours. À 77 ans, il assure que son activité lui rapporte aujourd’hui entre 3 000 et 3 500 euros par mois.

Une somme bien supérieure aux 850 euros de pension avec lesquels il tentait auparavant de survivre.

Cette nouvelle source de revenus lui permet de régler ses dépenses, de rembourser son investissement et de retrouver une certaine sécurité financière. Mais cette réussite repose aussi sur la poursuite d’un travail exigeant à un âge où beaucoup de personnes ont déjà définitivement quitté le monde professionnel.

Son parcours témoigne ainsi d’une grande persévérance, mais il souligne également la fragilité financière dans laquelle peuvent se retrouver certains retraités.

Une réussite impressionnante qui révèle une réalité préoccupante

L’histoire d’Ángel peut être perçue comme celle d’une reconversion spectaculaire. Sans formation préalable et malgré son âge, il a réussi à développer une activité capable de lui procurer plusieurs milliers d’euros par mois.

Son choix reste toutefois loin d’être accessible à tout le monde. Contracter un emprunt de 60 000 euros représente un risque important, tandis que conduire un engin de chantier exige de la vigilance, une bonne condition physique et le respect de règles de sécurité strictes.

Derrière cette réussite se cache surtout une situation difficile : celle d’un homme contraint de reprendre le travail parce que sa retraite ne suffisait pas à couvrir son loyer et ses besoins élémentaires.

Ángel ne s’est donc pas lancé dans cette aventure uniquement pour rester actif. Il l’a fait parce qu’il estimait ne pas avoir d’autre possibilité pour vivre dignement.

À 77 ans, il ne semble pourtant pas prêt à s’arrêter. Tant que les chantiers continueront et que sa santé le lui permettra, le retraité espagnol compte bien rester aux commandes de sa pelleteuse.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *