Cachou Lajaunie : la fin d’une légende sucrée après 145 ans d’histoire

Une petite boîte jaune, glissée dans des millions de poches françaises, vient de tirer sa révérence. Après 145 ans d’existence, les mythiques Cachou Lajaunie disparaissent définitivement des rayons. Un arrêt brutal qui laisse derrière lui une vague de nostalgie et un parfum d’injustice pour les amateurs de ces pastilles iconiques.

Une institution née à Toulouse

Cachou Lajaunie, ce n’était pas qu’un simple bonbon. Créées en 1880 par le pharmacien toulousain Léon Lajaunie, ces petites pastilles noires à la réglisse avaient une mission bien précise : lutter contre la mauvaise haleine. Rapidement, elles sont devenues un produit culte, symbole de la Ville rose mais aussi du savoir-faire français.

Durant plus d’un siècle, elles ont traversé les époques et les modes, portées par une saga publicitaire marquante : plaques émaillées dès 1890, réclames au cinéma dans les années 1930, puis, en 1985, un spot télévisé aussi court qu’inoubliable avec son fameux « Cachou Lajaunie… han han ».

Une success-story bousculée par les rachats

Si l’image est restée inchangée, l’histoire industrielle, elle, a été mouvementée. De Pierre Fabre à Warner-Lambert, de Pfizer à Kraft Foods, puis Cadbury et enfin Mondelez, la marque a multiplié les propriétaires avant d’être cédée en 2023 au groupe Perfetti Van Melle. C’est ce dernier qui, après évaluation, a décidé de mettre un terme à la production.

L’usine toulousaine, qui produisait encore jusqu’à 18 tonnes de cachous par an, a donc cessé ses lignes, plongeant les fans dans la stupeur. D’autant que la décision a été prise sans aucune annonce publique, laissant les consommateurs découvrir peu à peu la disparition des boîtes jaunes dans les rayons.

Un goût de fin d’époque

Avec la disparition de Cachou Lajaunie, c’est un morceau du patrimoine gourmand français qui s’efface. Comme d’autres marques mythiques — Moulinex, Tati ou encore Prisunic — les pastilles toulousaines rejoignent la longue liste des icônes balayées par les logiques industrielles et financières.

Mais tout n’est peut-être pas perdu. Une pétition intitulée « Sauvons les Cachous Lajaunie, trésor de notre patrimoine toulousain » circule déjà sur internet. Ses initiateurs demandent la relance de la production selon la recette historique et espèrent obtenir une prise de parole claire de Perfetti Van Melle.

Et maintenant ?

Que restera-t-il des Cachou Lajaunie ? Peut-être de vieilles boîtes jaunes conservées en souvenir, un slogan publicitaire gravé dans les mémoires… et, qui sait, le retour inattendu d’un produit ressuscité par la passion de ses fidèles.

En attendant, une chose est sûre : chaque petite pastille a marqué à sa manière 145 ans d’histoire française.

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