Cette banque vire par erreur 775 000 euros à un client : sa réaction lui vaut une lourde condamnation
Un simple bug informatique peut parfois déclencher une cascade de conséquences spectaculaires. Fin janvier 2026, une banque nigériane en a fait l’amère expérience après avoir crédité par erreur le compte d’un client d’une somme équivalente à 775 000 euros. L’affaire, loin de s’arrêter à une simple correction bancaire, s’est soldée par une condamnation pénale retentissante.
Un virement accidentel dû à une défaillance du système
Selon les autorités nigérianes, l’erreur provient d’un dysfonctionnement temporaire du système informatique de FirstBank. En 2025, à la suite de ce « system glitch », le compte d’un client identifié par les initiales O.E.K. a été crédité de 1,3 milliard de nairas, soit environ 775 000 euros.
Le virement, pourtant totalement involontaire, n’a pas été immédiatement détecté par l’établissement bancaire. Le bénéficiaire a donc pu accéder librement aux fonds pendant plusieurs jours, avant que l’anomalie ne soit signalée.
Une utilisation rapide et assumée des fonds
Plutôt que d’alerter sa banque, le client a choisi de profiter de la situation. L’enquête menée par la Economic and Financial Crimes Commission (EFCC) a révélé que l’homme avait transféré une partie importante de la somme vers les comptes bancaires de sa mère et de sa sœur.
Le reste de l’argent a servi à financer des dépenses personnelles. Selon un communiqué relayé par The Guardian Nigeria, le bénéficiaire a notamment utilisé ces fonds pour achever un projet immobilier et adopter un mode de vie nettement plus luxueux.
La banque alerte les autorités, l’enquête s’accélère
Une fois l’erreur détectée, FirstBank a immédiatement signalé les faits aux autorités. Les investigations ont permis de récupérer environ 480 000 euros, retrouvés sur différents comptes liés au bénéficiaire et à ses proches. À cela s’ajoutent près de 180 000 euros supplémentaires, récupérés grâce à l’annulation de virements encore en cours.
Malgré ces restitutions partielles, la justice nigériane a estimé que le client avait sciemment profité de l’erreur bancaire, constituant ainsi une infraction pénale.
Une condamnation exemplaire pour fraude bancaire
Inculpé pour vol et conversion frauduleuse de fonds appartenant à la banque, le suspect a reconnu les faits et plaidé coupable devant la Haute Cour de l’État d’Edo. Le verdict est tombé le 19 janvier 2026 :
- un an de prison,
- ou le paiement d’une amende de 5 millions de nairas (environ 5 000 euros), conformément au principe du Fine in lieu of Imprisonment.
N’ayant pas réglé l’amende lors de l’audience, la peine d’emprisonnement a été appliquée immédiatement.
Une dette qui subsiste malgré la prison
L’incarcération ne met toutefois pas un terme aux obligations financières du condamné. À sa sortie de prison, il devra encore rembourser le solde du virement initial, estimé à environ 162 000 euros. En d’autres termes, accepter la prison lui permet d’éviter l’amende, mais en aucun cas la restitution intégrale des fonds.
Une affaire qui rappelle un principe essentiel
Cette affaire rappelle une règle fondamentale souvent méconnue : l’argent reçu par erreur ne peut pas être conservé, même si la faute incombe à la banque. En droit, utiliser sciemment des fonds indûment crédités peut constituer une fraude pénale, avec des conséquences judiciaires lourdes.
Un rappel utile à l’heure où les incidents informatiques bancaires, bien que rares, continuent de faire régulièrement la une de l’actualité.
