En arrêt maladie depuis 15 ans, il attaque son employeur pour une augmentation : la justice tranche

Certaines affaires étonnent autant qu’elles divisent. Au Royaume-Uni, un salarié d’IBM, en arrêt maladie depuis 15 ans, a décidé de porter plainte contre son employeur… pour ne pas avoir bénéficié d’augmentation de salaire durant toute cette période. Une démarche rare, qui a rapidement attiré l’attention et relancé le débat sur les droits des salariés malades, l’inflation et la notion de discrimination.

Un arrêt longue durée, mais un salaire toujours versé

Tout commence en 2012, lorsqu’un employé britannique apprend qu’il est atteint d’une leucémie à un stade avancé. Son état de santé ne lui permet plus de travailler, et il est alors placé en arrêt maladie longue durée.

Mais dans son cas, il bénéficie d’un dispositif spécifique : un plan de santé interne lui assurant le versement de 75 % de son salaire, sans obligation de reprendre son poste. Un avantage loin d’être automatique, et qui lui garantit un revenu stable pendant des années.

Selon plusieurs médias britanniques, cet homme percevrait environ 54 000 livres par an, soit l’équivalent de plus de 60 000 euros annuels. Une somme confortable, qui représente plus de 5 000 euros par mois.

Pourquoi porter plainte malgré cet avantage ?

Malgré cette protection financière, le salarié estime ne plus s’y retrouver. Son argument principal : l’absence d’augmentation de salaire pendant 15 ans, dans un contexte où l’inflation réduit fortement le pouvoir d’achat.

Selon lui, le fait de rester au même niveau de rémunération pendant autant d’années reviendrait à le pénaliser indirectement en raison de sa maladie. Il parle alors de discrimination liée au handicap.

En février 2022, il décide donc de saisir le tribunal du travail de Reading, espérant obtenir une revalorisation, voire une compensation.

Le verdict tombe : plainte rejetée

Face à ce dossier jugé “peu commun”, la justice britannique a finalement tranché.

Le juge a rejeté la plainte, considérant que le salarié avait déjà bénéficié d’un avantage très substantiel. En clair : continuer à percevoir 75 % de son salaire pendant une aussi longue période, tout en restant absent, est vu comme un traitement favorable et non comme une injustice.

L’argument de discrimination n’a donc pas été retenu, car l’entreprise a respecté ses engagements et lui a permis de conserver une sécurité financière exceptionnelle sur le long terme.

Une somme impressionnante sur plusieurs décennies

Même si sa plainte n’a pas abouti, l’homme continuera à toucher la majeure partie de son salaire jusqu’à l’âge de 65 ans.

Selon les estimations évoquées dans cette affaire, cela représenterait environ 1,72 million d’euros perçus au total au moment de son départ à la retraite. Un chiffre qui a choqué certains, mais qui met aussi en lumière un élément essentiel : tous les salariés n’ont pas accès à ce type de couverture.

Une démarche critiquée, mais un contexte humain derrière

Ce qui rend cette histoire particulièrement sensible, c’est qu’elle dépasse le simple cadre juridique.

Le quinquagénaire affirme qu’il est “hautement improbable” qu’il vive au-delà de 65 ans, compte tenu de sa maladie. Son objectif, selon ses déclarations, n’aurait pas été d’obtenir “plus par confort”, mais de protéger financièrement son fils et d’anticiper l’avenir.

Même si la plainte a été rejetée, l’entreprise a confirmé maintenir ses engagements, ce qui signifie que le salarié continue de percevoir son revenu prévu par le plan santé.

Ce que cette affaire révèle sur le monde du travail

Cette histoire, aussi surprenante soit-elle, soulève plusieurs questions actuelles :

  • Jusqu’où une entreprise doit-elle maintenir un salaire en cas d’arrêt longue durée ?
  • L’inflation peut-elle être un motif légitime pour réclamer une revalorisation, même sans travailler ?
  • À partir de quand un avantage devient-il un “acquis” aux yeux du salarié ?
  • Comment équilibrer compassion, équité et réalités économiques dans une entreprise ?

Elle montre aussi une chose : même dans un cadre très protecteur, la perception de justice varie selon les situations personnelles.

Conclusion : une affaire rare, mais un débat bien réel

Porter plainte contre son employeur après 15 ans d’arrêt maladie peut sembler incompréhensible pour certains. Pourtant, dans un monde où le coût de la vie augmente et où la maladie bouleverse tout, cette affaire met en lumière un sujet complexe : la frontière entre protection, droits, et attentes.

La justice a choisi de rappeler que ce salarié avait déjà bénéficié d’un soutien exceptionnel. Mais derrière les chiffres, il reste une réalité humaine : celle d’un homme malade, inquiet pour son avenir et celui de son enfant.

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