Parkings d’hôpitaux : quand la facture devient insoutenable pour les familles
Rester au chevet d’un proche hospitalisé devrait être un droit simple et humain. Pourtant, pour de nombreuses familles, c’est devenu un véritable casse-tête financier. Dans plusieurs villes françaises, les parkings d’hôpitaux, désormais gérés par des concessionnaires privés, affichent des tarifs qui s’envolent. Résultat : des factures pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par mois pour ceux qui visitent régulièrement un patient en longue hospitalisation.
Des tarifs qui choquent les usagers
À Saint-Étienne, un visiteur résume le problème : « Avant, c’était public. Depuis la concession, il en coûte 15 euros par jour. Si vous rendez visite à un proche hospitalisé pendant un mois, cela peut représenter 400 euros. Qui peut se le permettre ? ». Ce témoignage illustre une réalité partagée dans de nombreux hôpitaux où la gratuité, autrefois acquise, n’est plus qu’un souvenir.
À Nancy, la colère grandit également. Des collectifs de citoyens recueillent des centaines de signatures pour dénoncer des tarifs qu’ils jugent abusifs. Le récit d’un mari ayant payé plus de 200 euros pour veiller sa femme en fin de vie a particulièrement marqué les esprits.
Une question éthique et sociale
Pour l’ethnosociologue Joe Labat, le problème dépasse la seule dimension financière : « Quand on va à l’hôpital, on n’y entre pas comme dans une entreprise. Cette logique commerciale est incompatible avec la mission de service public du soin ».
Les hôpitaux justifient souvent ces concessions par le besoin de concentrer leurs budgets sur les soins et le matériel médical. Mais la privatisation du stationnement soulève une question de fond : faut-il vraiment faire payer l’accès aux malades ?
Une réponse politique en préparation
Face à cette situation, plusieurs députés de La France Insoumise entendent réagir. Raphaël Arnault, Sandrine Nosbé et Pierre-Yves Cadalen préparent une proposition de loi visant à instaurer la gratuité du stationnement pour les patients, leurs proches et le personnel soignant.
Leur projet prévoit trois mesures principales :
- Gratuité totale pour les usagers et les soignants.
- Fin des concessions privées dans les parkings hospitaliers.
- Résiliation des contrats en cours, avec une compensation financière assurée par l’État.
Un débat de société
Au-delà des chiffres, la question interroge notre conception du service public. Peut-on accepter que le simple fait de soutenir un proche malade devienne un luxe ? Entre impératifs budgétaires et respect de la dignité humaine, ce débat promet d’occuper une place importante dans les mois à venir.
