Vendanges en France : deux saisonnières italiennes racontent leur déception après avoir découvert leur salaire

Venues d’Italie pour participer aux vendanges en France, deux jeunes femmes pensaient vivre une expérience dépaysante tout en gagnant un peu d’argent. Si elles gardent de bons souvenirs de l’ambiance, leur rémunération les a nettement moins convaincues.

Chaque année, à la fin de l’été, les vignobles français attirent des milliers de travailleurs saisonniers. Pendant quelques jours ou plusieurs semaines, ils viennent renforcer les équipes chargées de récolter le raisin avant son acheminement vers les caves.

Pour certains étudiants et voyageurs, les vendanges représentent une manière de gagner de l’argent rapidement tout en découvrant une région et en rencontrant des personnes venues d’horizons différents. Mais entre les longues journées de travail, les frais de logement et les conditions parfois rudimentaires, l’expérience peut aussi réserver quelques déconvenues.

C’est notamment ce qu’ont raconté deux jeunes Italiennes, Stefania et Rachele, après avoir travaillé dans des vignobles français.

Des journées qui commencent très tôt

Participer aux vendanges demande une certaine endurance. Le travail commence généralement dès les premières heures de la matinée afin de profiter de températures plus fraîches.

Rachele se souvient ainsi de réveils particulièrement matinaux. Elle devait se lever aux alentours de 5 heures pour pouvoir partir travailler vers 6 heures.

Selon les journées, le travail pouvait ensuite se poursuivre jusqu’en fin d’après-midi.

Cette organisation lui a laissé le sentiment d’avoir fourni beaucoup d’efforts pour une rémunération qu’elle jugeait finalement assez faible.

Stefania, de son côté, bénéficiait d’horaires légèrement différents. Sa journée commençait également vers 6 heures, mais une pause était prévue dans la matinée et le travail pouvait se terminer aux alentours de 14 heures.

Elle disposait alors de son après-midi.

Environ 900 euros gagnés en dix jours

La principale déception des deux saisonnières concerne cependant le salaire.

Stefania explique avoir touché environ 900 euros après dix jours de vendanges. Cela représente autour de 90 euros par journée travaillée.

Une somme qui peut sembler intéressante sur une courte période, mais qu’elle jugeait insuffisante compte tenu de la fatigue et du rythme imposé par le travail dans les vignes.

Rachele a, elle aussi, fait ses calculs.

Après déduction notamment de certains frais liés au logement et aux repas, elle affirme avoir reçu environ 376 euros pour sa première semaine, puis un peu plus de 560 euros pour la suivante.

Des montants qui l’ont visiblement déçue.

Logement et repas peuvent faire une grande différence

La rémunération n’est d’ailleurs pas le seul élément à prendre en compte lorsqu’on part faire les vendanges.

Les conditions proposées aux saisonniers peuvent varier considérablement selon les exploitations.

Certains domaines mettent à disposition des chambres confortables ou des logements collectifs correctement équipés. D’autres proposent des installations beaucoup plus sommaires.

Rachele raconte notamment avoir dormi dans des bâtiments préfabriqués avec un confort assez limité. Les nuits pouvaient être froides et les installations sanitaires étaient rudimentaires.

Ces conditions ont forcément pesé dans son appréciation globale de l’expérience.

Une expérience humaine malgré tout très positive

Malgré leurs critiques concernant le salaire et certaines conditions de travail, les deux Italiennes ne gardent pas uniquement de mauvais souvenirs de leur passage en France.

Bien au contraire.

Les vendanges sont également réputées pour leur ambiance particulière. Pendant plusieurs jours, des travailleurs venus de régions et parfois de pays différents vivent et travaillent ensemble.

Rachele se souvient notamment d’un groupe très mélangé et d’une atmosphère conviviale.

Après le travail, certains saisonniers profitaient de leur temps libre pour se retrouver, se promener ou aller au lac.

Les repas ont également marqué les esprits. Pain, fromages, charcuterie mais aussi plats traditionnels préparés sur place faisaient partie du quotidien.

Une grande fête avait même été organisée à la fin des vendanges pour célébrer la fin de la récolte.

Les vendanges attirent toujours, mais les recrutements restent difficiles

Ces témoignages illustrent également l’un des défis auxquels les exploitations viticoles françaises sont confrontées depuis plusieurs années.

Trouver suffisamment de travailleurs pour récolter le raisin devient parfois compliqué.

Le travail est physique, les horaires sont exigeants et les contrats ne durent généralement que quelques jours ou quelques semaines.

Les viticulteurs doivent donc convaincre des saisonniers de venir travailler sur une période relativement courte, souvent avec un hébergement temporaire.

Pour ceux qui souhaitent tenter l’expérience, il est donc important de se renseigner à l’avance sur plusieurs éléments : le salaire proposé, les horaires, le coût éventuel du logement et des repas ainsi que les conditions d’hébergement.

Car comme le montrent les expériences de Stefania et Rachele, les vendanges peuvent être une belle aventure humaine, mais elles ne correspondent pas toujours à l’idée que l’on se fait d’un emploi saisonnier particulièrement rentable.

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