À 28 ans, il vit dans un conteneur au cœur des montagnes : « Mon terrain m’a coûté 15 000 € et je dépense à peine 20 € par mois »

À seulement 28 ans, Emile a choisi une vie radicalement différente. Plutôt que de s’endetter pendant plusieurs décennies pour acheter une maison classique, cet ancien graphiste s’est installé dans un conteneur maritime de 13 m², posé sur un vaste terrain en pleine montagne. Une manière de vivre qui lui permet aujourd’hui de réduire ses dépenses au strict minimum.

Devenir propriétaire sans consacrer une grande partie de son salaire à un crédit immobilier pendant vingt ou vingt-cinq ans : pour beaucoup de jeunes adultes, l’équation semble de plus en plus difficile à résoudre.

Face à l’augmentation du coût du logement, certains choisissent de revoir complètement leur conception de l’habitat. Tiny houses, fourgons aménagés, maisons autonomes ou habitats alternatifs séduisent ainsi ceux qui recherchent davantage d’indépendance financière.

Emile, lui, est allé encore plus loin. À 28 ans, il a quitté une vie relativement conventionnelle pour s’installer sur un terrain isolé dans les montagnes espagnoles, où son logement principal n’est autre qu’un ancien conteneur maritime.

Plus de 20 000 m² de terrain achetés pour 15 000 euros

Tout commence lorsque le jeune homme cherche un moyen de devenir propriétaire sans contracter un important emprunt immobilier.

Plutôt que de viser un appartement ou une maison dans une zone urbaine, Emile se tourne vers la campagne et les régions montagneuses, où les terrains peuvent être beaucoup plus accessibles.

Il finit par acquérir une propriété de plus de 20 000 m² pour environ 15 000 euros.

Reste alors à trouver une habitation.

Son choix se porte sur un ancien conteneur maritime, acheté seulement 1 300 euros, auxquels il faut ajouter environ 300 euros de transport pour le faire acheminer jusqu’à son terrain.

Un investissement de départ particulièrement faible par rapport au prix d’une construction traditionnelle.

Mais acheter un conteneur ne suffit évidemment pas pour en faire une maison confortable.

Il apprend à construire sa maison grâce à Internet

Emile n’est pourtant ni maçon, ni plombier, ni électricien.

Avant de se lancer dans cette aventure, il travaillait comme graphiste et ne possédait pas de véritable formation dans le bâtiment.

Il décide malgré tout de réaliser lui-même une grande partie des travaux.

Isolation, installation électrique, plomberie, rangements ou encore aménagement intérieur : il apprend progressivement grâce à des tutoriels, notamment sur YouTube, et expérimente directement sur le chantier.

Petit à petit, le simple conteneur métallique devient une véritable habitation.

Sa maison ne mesure pourtant que 13 m².

Une surface minuscule qui oblige à réfléchir à chaque détail.

Chambre, cuisine, bureau et salle de bains dans seulement 13 m²

Malgré l’espace limité, Emile réussit à organiser son intérieur pour disposer de tout ce dont il a réellement besoin.

Son conteneur comprend notamment un espace pour dormir, une petite cuisine, un bureau ainsi qu’une salle de bains.

Des meubles multifonctions et des installations escamotables lui permettent d’optimiser chaque recoin.

Vivre dans une superficie aussi réduite signifie également faire des choix.

Impossible d’accumuler les vêtements, les meubles ou les objets inutiles. Le jeune homme adopte donc progressivement une philosophie minimaliste : moins posséder pour avoir moins de dépenses et moins de contraintes.

Mais son projet ne s’arrête pas à la taille de son logement.

Emile a également décidé de vivre quasiment entièrement hors réseau.

Pas d’eau courante ni de raccordement électrique

Le terrain se trouvant dans une zone isolée, le conteneur n’est relié ni au réseau électrique traditionnel ni à l’eau courante.

Pour produire son électricité, Emile utilise des panneaux solaires associés à des batteries.

L’eau, elle, est stockée dans de grands réservoirs régulièrement remplis grâce à un camion-citerne.

Le jeune homme a également installé des toilettes sèches ou chimiques afin de limiter au maximum sa consommation.

Le gaz nécessaire pour cuisiner et produire de l’eau chaude provient quant à lui d’une bouteille de butane.

Ce fonctionnement très simple lui permet d’avoir des dépenses mensuelles extrêmement faibles.

« Je vis ici pour 10 ou 20 euros par mois »

Selon Emile, son budget consacré aux besoins essentiels de son logement ne dépasserait généralement pas une vingtaine d’euros par mois.

L’eau lui reviendrait par exemple à environ 80 euros tous les six mois, tandis qu’une bouteille de butane d’environ 16 euros lui durerait plusieurs mois.

Même la taxe foncière liée à son terrain serait dérisoire, puisqu’elle représenterait seulement quelques euros par an.

Évidemment, ces chiffres ne comprennent pas forcément toutes les dépenses de la vie quotidienne : nourriture, véhicule, entretien du matériel, téléphone ou autres achats personnels continuent d’exister.

Mais concernant son logement lui-même, les charges restent extrêmement faibles.

Une situation qui lui offre surtout quelque chose qu’il recherchait depuis longtemps : ne plus avoir besoin de gagner beaucoup d’argent simplement pour payer son toit.

Il cultive ses légumes et possède des poules

Posséder plus de deux hectares de terrain offre également à Emile la possibilité de développer progressivement une certaine autonomie alimentaire.

Le jeune homme cultive plusieurs fruits et légumes, parmi lesquels des tomates et des pastèques.

Il élève également des poules pour récupérer leurs œufs.

Son terrain compte par ailleurs de nombreux amandiers. Certaines récoltes lui auraient permis de récupérer plusieurs centaines de kilos d’amandes.

Et Emile voit déjà plus loin.

Parmi ses futurs projets figurent notamment la plantation de nouveaux arbres fruitiers, l’amélioration de ses cultures et éventuellement l’élevage de chèvres.

Il aimerait aussi pouvoir disposer de sa propre source d’eau en réalisant un forage.

Une petite maison en pierre pour accueillir sa mère

À force de travailler sur son conteneur, Emile a acquis de nombreuses compétences en bricolage et en rénovation.

Il s’est donc lancé dans un autre chantier : restaurer une ancienne petite construction en pierre située sur son terrain.

Son objectif est notamment de permettre à sa mère de venir séjourner sur la propriété dans de bonnes conditions.

Une nouvelle étape dans un projet qui continue donc d’évoluer au fil des années.

Une liberté qui demande beaucoup de travail

Sur les réseaux sociaux, ce genre de vie peut facilement donner l’impression d’un quotidien presque idyllique : soleil, montagnes, panneaux solaires, potager et dépenses réduites.

La réalité est évidemment plus nuancée.

Vivre hors réseau implique beaucoup d’entretien, d’anticipation et de travail manuel.

Une panne de batterie, un problème avec les panneaux solaires ou une réserve d’eau insuffisante peuvent rapidement devenir beaucoup plus contraignants que dans un logement classique.

L’isolement géographique peut également compliquer les déplacements et l’accès à certains services.

Pour Emile, ces contraintes semblent toutefois largement compensées par le sentiment d’indépendance que lui procure cette vie.

Posséder son toit plutôt que rembourser un crédit

Son choix repose finalement sur une idée assez simple : réduire ses besoins pour réduire sa dépendance à l’argent.

Au lieu de chercher une grande maison, il a préféré une petite habitation qu’il pouvait financer presque immédiatement.

Au lieu de payer chaque mois l’électricité et l’eau à différents fournisseurs, il a investi dans des équipements permettant de produire ou de stocker ses propres ressources.

Et plutôt que de consacrer une grande partie de sa vie au remboursement d’un emprunt, il accepte de consacrer davantage de temps à entretenir son terrain et ses installations.

Pour lui, posséder entièrement son logement représente avant tout une forme de sécurité.

Une philosophie qui ne conviendra certainement pas à tout le monde, mais qui illustre une tendance de plus en plus visible : face au prix de l’immobilier, certains ne cherchent plus seulement à devenir propriétaires.

Ils cherchent surtout à vivre avec moins de charges, moins de dettes et davantage de liberté.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *