Canicule : un météorologue démonte la rumeur d’une nouvelle vague de chaleur jusqu’au 14 juillet
Une nouvelle canicule est-elle vraiment en préparation pour le 14 juillet ? Depuis les déclarations de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, de nombreux Français s’inquiètent d’un nouvel épisode de chaleur extrême. Pourtant, plusieurs spécialistes de la météo appellent à la prudence et estiment que cette affirmation est largement prématurée.
Une déclaration qui fait vivement réagir les météorologues
Invitée de France Inter le 24 juin, la ministre de la Transition écologique a évoqué la possibilité d’une troisième canicule qui pourrait s’étendre jusqu’au 14 juillet. Une déclaration rapidement reprise par de nombreux médias.
Mais dans le monde de la météorologie, ces propos ont surpris. Anthony Kaczmarek, météorologue chez Météored France, affirme que cette annonce ne repose sur aucune prévision suffisamment fiable.
« Beaucoup de météorologues ont bondi en entendant cette déclaration », explique-t-il.
Selon lui, annoncer une canicule près de trois semaines à l’avance est tout simplement impossible avec les connaissances météorologiques actuelles.
Peut-on prévoir une canicule trois semaines à l’avance ?
Pour Anthony Kaczmarek, la réponse est claire : non.
Les modèles météorologiques gagnent en précision chaque année, mais leur fiabilité reste limitée dans le temps. Les prévisions détaillées deviennent réellement fiables jusqu’à environ sept jours.
« Aujourd’hui, si nous sommes le 25 juin, nous pouvons avoir une vision relativement fiable jusqu’au 2 juillet. Au-delà, l’incertitude devient beaucoup trop importante », explique-t-il.
Les applications météo affichent parfois des températures plusieurs semaines à l’avance, mais ces données sont uniquement des projections qui peuvent évoluer fortement d’un jour à l’autre.
Aucun modèle ne prévoit actuellement une nouvelle canicule
Le météorologue assure avoir consulté les principaux modèles de prévision utilisés dans le monde :
- le modèle européen (ECMWF) ;
- le modèle américain (GFS) ;
- le modèle développé par Météo-France.
Son constat est sans appel : aucun de ces modèles ne prévoit aujourd’hui une nouvelle canicule au début du mois de juillet.
Selon lui, les températures devraient progressivement revenir à des niveaux plus supportables après l’épisode actuel.
Une amélioration attendue dès les prochains jours
Après plusieurs journées marquées par des températures très élevées, un changement de situation est attendu.
La baisse des températures devrait d’abord concerner la moitié ouest du pays avant de gagner progressivement l’est.
Les maximales devraient redevenir plus raisonnables, tandis que les nuits seront beaucoup plus respirables, mettant fin aux nuits tropicales qui accompagnent souvent les épisodes de canicule.
Une vigilance reste toutefois nécessaire
Cela ne signifie pas que l’été sera frais.
Anthony Kaczmarek rappelle que des masses d’air très chaud restent présentes sur l’Espagne, l’Italie et le Maghreb. Si les vents venaient à s’orienter de nouveau au sud dans les prochaines semaines, ces fortes chaleurs pourraient remonter vers la France.
En revanche, il est aujourd’hui impossible de déterminer si ce scénario se produira autour du 14 juillet.
Prudence face aux prévisions à long terme
Cette polémique rappelle une règle essentielle en météorologie : plus l’échéance est lointaine, plus les prévisions deviennent incertaines.
Si les tendances saisonnières permettent parfois d’anticiper un été globalement plus chaud que la normale, elles ne permettent pas de prédire avec précision la date d’une future canicule.
Pour les spécialistes, il convient donc de distinguer les tendances climatiques, qui décrivent des probabilités sur plusieurs semaines, des prévisions météorologiques, qui ne deviennent réellement fiables qu’à courte échéance.
En résumé, aucune nouvelle canicule n’est actuellement annoncée avec certitude pour le début du mois de juillet ou pour le 14 juillet. Les prochains jours devraient même apporter un net répit après cet épisode de fortes chaleurs. Au-delà d’une semaine, les météorologues invitent toutefois à rester prudents : les conditions atmosphériques peuvent encore évoluer et il est impossible d’affirmer dès aujourd’hui ce que sera réellement la météo à la mi-juillet.
