Carburant trop cher : huile de friture, gazole rouge… jusqu’où certains automobilistes sont prêts à aller
Face à la flambée du prix des carburants, certains automobilistes cherchent des solutions radicales pour réduire leur facture. Huile de friture récupérée, gazole non routier, mélanges artisanaux… ces alternatives peuvent sembler économiques, mais elles exposent aussi à de sérieux risques mécaniques et juridiques.
À chaque nouvelle hausse à la pompe, la même question revient : existe-t-il un moyen de rouler pour beaucoup moins cher ?
Pour certains conducteurs de vieux diesels, la réponse se trouve parfois… dans une friteuse.
Depuis plusieurs années, des automobilistes racontent utiliser de l’huile de cuisson usagée, récupérée auprès de restaurants ou de particuliers, à la place d’une partie du gazole traditionnel. D’autres sont tentés par le fameux « gazole rouge », autrement dit le gazole non routier utilisé notamment par certains engins agricoles ou professionnels.
Sur le papier, l’économie semble spectaculaire. Mais derrière ces astuces se cachent des règles fiscales strictes et surtout des risques importants pour le véhicule.
L’huile de friture séduit les propriétaires de vieux diesels
L’idée n’est pas complètement nouvelle. Certains anciens moteurs diesel sont capables de fonctionner, au moins techniquement, avec des huiles végétales présentant des caractéristiques proches de celles du gazole.
C’est ce qui pousse certains automobilistes à récupérer de l’huile alimentaire usagée auprès de restaurants, de fêtes ou de proches.
Une fois filtrée, elle est parfois versée directement dans le réservoir ou mélangée au gazole.
Et l’avantage financier est évident : quand cette huile est récupérée gratuitement ou pour quelques centimes, le coût d’un plein devient sans commune mesure avec celui d’une station-service.
Mais ce qui fonctionne sur un vieux moteur diesel relativement simple peut devenir beaucoup plus problématique sur une voiture récente.
Les diesels modernes peuvent très mal supporter ces mélanges
Les moteurs diesel actuels sont beaucoup plus complexes qu’il y a vingt ou trente ans.
Ils utilisent notamment des systèmes d’injection à très haute pression, des injecteurs extrêmement précis, des vannes EGR et des filtres à particules.
Une huile trop épaisse, mal filtrée ou contenant de l’eau peut alors provoquer différents problèmes : encrassement des injecteurs, filtres bouchés, mauvaise combustion, difficultés de démarrage ou encore dépôts importants dans le moteur.
À long terme, les dégâts peuvent toucher le système d’injection, le turbo ou le dispositif antipollution.
Une économie réalisée à chaque plein peut donc se transformer en une réparation à plusieurs milliers d’euros.
Mais peut-on légalement rouler à l’huile de friture ?
La situation est plus complexe qu’un simple « oui » ou « non ».
La loi de finances pour 2023 a prévu la possibilité d’utiliser des huiles alimentaires usagées valorisées comme carburant, pures ou mélangées
