Elle achète 90 œufs au supermarché et découvre 70 poussins dans sa cuisine : comment est-ce possible ?
En rentrant chez elle après deux jours d’absence, une habitante de Chine a découvert des dizaines de poussins au milieu de sa cuisine. Les œufs qu’elle pensait utiliser pour préparer ses repas avaient commencé à éclore. Une histoire spectaculaire, mais qui peut s’expliquer scientifiquement.
En faisant ses courses, Mme Jiang pensait avoir acheté de simples œufs destinés à nourrir sa famille. Cette habitante de Qingdao, une ville située dans la province chinoise du Shandong, avait rapporté chez elle trois plateaux contenant environ 90 œufs.
Mais après s’être absentée pendant deux jours, la jeune femme a eu droit à une surprise totalement inattendue. Avant même d’ouvrir la porte de son logement, elle aurait entendu de petits gazouillis provenant de sa cuisine.
« Lorsque j’ai ouvert la porte, j’étais complètement abasourdie », a-t-elle raconté, selon les propos rapportés par Newsflare.
Des dizaines de poussins se promènent dans sa cuisine
À l’intérieur, Mme Jiang a découvert une scène digne d’un film : des dizaines de poussins venaient de sortir de leur coquille et se déplaçaient dans la pièce. Certains étaient déjà complètement éclos, tandis que d’autres tentaient encore de briser leur coquille.
Au total, environ 70 poussins seraient nés parmi les 90 œufs achetés. La propriétaire des lieux a alors improvisé un petit abri afin de les maintenir au chaud. Elle aurait notamment utilisé de vieux vêtements pour protéger les nouveau-nés avant de les confier progressivement à des proches capables de s’en occuper.
La scène est d’autant plus surprenante que les œufs avaient été achetés pour être consommés. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas totalement impossible qu’un œuf vendu dans le commerce contienne un embryon vivant.
Un œuf de supermarché peut-il réellement donner naissance à un poussin ?
Pour qu’un poussin puisse se développer, l’œuf doit tout d’abord avoir été fécondé. Cela signifie que la poule qui l’a pondu doit avoir été en contact avec un coq.
Or, dans la majorité des élevages spécialisés dans les œufs de consommation, les poules sont élevées sans coq. Elles continuent à pondre normalement, mais leurs œufs ne sont pas fécondés et ne peuvent donc pas produire de poussins.
La situation peut être différente dans certains petits élevages, dans des exploitations en plein air ou dans des pays où les mâles et les femelles ne sont pas systématiquement séparés. Un œuf fécondé peut alors se retrouver par erreur au milieu d’œufs destinés à la vente.
Il reste donc théoriquement possible de faire éclore un œuf acheté dans un commerce, mais les spécialistes considèrent ce phénomène comme extrêmement rare. Les conditions de stockage, l’âge des œufs et leur passage éventuel au réfrigérateur réduisent fortement les chances de survie de l’embryon.
Les poussins ne se sont pas formés en seulement deux jours
Même si Mme Jiang s’était absentée pendant deux jours, les poussins n’ont évidemment pas pu se développer entièrement durant cette courte période.
L’incubation d’un œuf de poule dure en moyenne 21 jours. Pour arriver au stade de l’éclosion, les embryons découverts dans cette cuisine avaient donc nécessairement commencé leur développement bien avant l’achat des œufs. Ils étaient probablement déjà proches du terme lorsqu’ils ont été vendus.
La chaleur présente dans l’appartement aurait simplement permis au développement de se poursuivre et aurait pu déclencher ou accélérer l’éclosion finale. D’après Newsflare, Mme Jiang pense d’ailleurs que les températures particulièrement élevées enregistrées à Qingdao ont joué un rôle dans cette naissance collective.
Pour obtenir une éclosion normale, un œuf fécondé doit toutefois être maintenu pendant plusieurs semaines dans des conditions assez précises. Une couveuse fonctionne généralement autour de 37,8 °C, avec une humidité, une ventilation et un retournement régulier des œufs soigneusement contrôlés. Une température trop basse ralentit l’éclosion, tandis qu’une température excessivement élevée peut tuer les embryons ou provoquer des malformations.
Le fait que près de 70 œufs aient éclos laisse donc penser qu’ils avaient bénéficié, avant leur achat, de conditions exceptionnellement favorables à leur développement.
Peut-on reconnaître un œuf fécondé avant de le cuisiner ?
À première vue, un œuf fécondé ne se distingue pas forcément d’un œuf classique. Sa coquille, sa taille et sa couleur ne permettent généralement pas de savoir si un embryon est présent.
Chez les professionnels, la technique appelée « mirage » consiste à placer l’œuf devant une source lumineuse puissante, dans l’obscurité. Après plusieurs jours d’incubation, il devient alors possible d’observer des vaisseaux sanguins, une masse sombre ou certains mouvements à l’intérieur de l’œuf.
En revanche, sans matériel et sans incubation préalable, un consommateur ne peut pas déterminer avec certitude si un œuf entier est fécondé.
Une fois l’œuf cassé, il est parfois possible d’observer une petite marque blanche sur le jaune. Une forme entourée d’un anneau peut indiquer une fécondation, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’un embryon viable s’est développé.
Un phénomène impressionnant, mais extrêmement improbable
Cette histoire ne signifie pas que les consommateurs risquent régulièrement de retrouver des poussins dans leur boîte d’œufs. Dans les circuits de distribution habituels, la majorité des œufs ne sont pas fécondés. De plus, leur collecte, leur transport, leur stockage au frais et leur ancienneté rendent une éclosion encore moins probable.
Même lorsqu’un emballage indique que les œufs sont fécondés, les spécialistes déconseillent de tenter de les faire éclore. Les œufs destinés à l’alimentation ne sont pas conservés et manipulés de la même manière que les œufs spécifiquement sélectionnés pour l’élevage.
La découverte de Mme Jiang reste donc le résultat d’une succession de circonstances exceptionnelles : des œufs fécondés, des embryons déjà très développés et une température suffisamment élevée pour leur permettre d’atteindre le moment de l’éclosion.
Une chose est certaine : en achetant ses trois plateaux d’œufs, cette habitante de Qingdao était loin d’imaginer qu’elle venait également d’adopter, pour quelques heures, une véritable basse-cour.
