Faire ses courses en drive coûte-t-il vraiment plus cher qu’en magasin ?
Avec l’inflation qui pèse sur le budget alimentaire, chaque passage en caisse devient un sujet de réflexion. Parmi les habitudes de consommation qui interrogent, les courses en drive sont souvent accusées de faire grimper la facture. Gain de temps, confort, mais prix plus élevés ? La réalité est plus nuancée qu’il n’y paraît.
Alors, choisir le drive est-ce un luxe inutile ou une solution rationnelle pour maîtriser ses dépenses ? Une étude de référence permet d’y voir plus clair.
Drive ou magasin : ce que révèle l’étude UFC-Que Choisir
En 2023, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a mené une enquête d’ampleur en comparant les prix de 1 304 supermarchés et de leurs drives associés. Les relevés ont été effectués sur des produits strictement identiques, hors promotions, entre le 23 septembre et le 7 octobre.
Le constat est sans appel : l’écart moyen entre les prix en magasin et en drive est extrêmement faible. Selon les enseignes, la différence oscille entre environ –1 % et +1 %. Autrement dit, l’idée selon laquelle le drive serait systématiquement plus cher ne repose pas sur des données chiffrées solides.
Chez E.Leclerc, les prix affichés en magasin et en drive sont strictement identiques. D’autres enseignes montrent de légères variations. Les magasins physiques sont en moyenne un peu plus chers que le drive chez Monoprix, Auchan ou Carrefour, tandis que l’inverse est observé chez Intermarché ou Système U, avec des écarts toutefois marginaux.
Un cas particulier ressort néanmoins : chez Casino, certains paniers relevaient un magasin jusqu’à 17 % plus cher que le drive, signe que la politique tarifaire de l’enseigne joue un rôle bien plus important que le mode d’achat lui-même.
Pourquoi les enseignes n’augmentent pas les prix en drive
Sur le plan logistique, le drive représente pourtant un coût réel. Préparateurs de commandes, espaces de stockage dédiés, organisation spécifique… Tout cela a un prix. Mais les distributeurs choisissent de ne pas le répercuter sur le consommateur.
La raison est stratégique. De nombreux comparateurs de prix et baromètres utilisés par les consommateurs se basent sur les tarifs en ligne, souvent ceux du drive. Pour rester bien positionnées dans les classements et préserver leur image prix, les enseignes maintiennent donc des tarifs très proches, voire identiques, à ceux des magasins.
Promotions : là où les différences peuvent apparaître
Le sentiment que le drive coûte plus cher vient souvent des promotions. Celles-ci ne sont pas toujours les mêmes en magasin et en ligne. Certaines offres sont réservées aux rayons physiques, notamment les têtes de gondole ou les opérations de déstockage ponctuelles. À l’inverse, d’autres promotions sont exclusives au drive ou à la commande en ligne.
Un consommateur habitué à optimiser ses achats en magasin, en profitant des promotions visuelles et des bonnes affaires de dernière minute, peut donc avoir l’impression de payer plus cher en drive. En revanche, pour un foyer qui achète principalement des produits du quotidien, hors opérations exceptionnelles, la différence reste souvent imperceptible.
Le vrai impact du drive : le comportement d’achat
Là où le drive change réellement la donne, ce n’est pas tant sur le prix unitaire que sur la manière de consommer. En commandant en ligne, le client n’est plus exposé à la mise en scène des rayons, aux odeurs, aux promotions visuelles ou aux achats d’impulsion.
Le panier s’affiche en temps réel, ce qui permet de surveiller son budget et de retirer facilement un produit non essentiel si la note devient trop élevée. Résultat : moins d’achats superflus et une meilleure maîtrise des dépenses.
Les données de panel montrent d’ailleurs que, sur plusieurs années, le nombre moyen d’articles achetés en drive a davantage diminué que dans l’ensemble des circuits, avec une hausse de dépense légèrement plus contenue.
Panier moyen plus élevé, mais visites moins fréquentes
Le panier moyen est souvent plus élevé en drive, car les consommateurs y font des achats plus volumineux et plus planifiés. En revanche, ils s’y rendent moins souvent qu’en magasin. Sur un mois complet, cette organisation peut limiter les dépenses globales.
Le drive peut toutefois revenir un peu plus cher dans certains cas précis : choix d’une enseigne globalement coûteuse, acceptation de substitutions plus onéreuses lors de la préparation de commande, ou encore magasins où le rayon reste légèrement moins cher que le drive.
Drive ou magasin : une question d’enseigne et de discipline
Au final, le débat ne se résume pas à une opposition entre drive et supermarché. Le budget dépend avant tout de l’enseigne choisie, de l’attention portée aux promotions et de la capacité à résister aux tentations.
Pour de nombreux foyers, le drive n’est ni une arnaque ni une solution miracle. C’est un outil. Bien utilisé, il peut même aider à mieux contrôler ses dépenses alimentaires, tout en gagnant un temps précieux au quotidien.
