Grand Frais : une mère de famille glisse sur une feuille de salade et se retrouve condamnée. Elle relance la justice le 20 novembre

Ce qui devait être une simple séance de courses a viré au cauchemar pour Marie-Line, une mère de famille de 42 ans, psychologue à Givors. En octobre 2024, elle chute lourdement sur une feuille de salade au rayon fruits et légumes d’un magasin Grand Frais à Chasse-sur-Rhône. Une glissade en apparence banale, mais qui va bouleverser son quotidien, son travail et engager une longue bataille judiciaire. Après une première décision défavorable, elle refuse d’abandonner et annonce un nouveau référé prévu le 20 novembre.

Une chute banale aux conséquences lourdes

Le jour de l’accident, Marie-Line se rend au Grand Frais pour faire quelques courses. Au rayon fruits et légumes, son pied glisse sur une feuille de salade en décomposition. Le choc est violent. Des clients la relèvent, elle tente de marcher, gagne difficilement les caisses et rentre tant bien que mal chez elle.

Quelques heures plus tard, direction les urgences. Le verdict tombe : fracture du cuboïde, entorse sévère, cervicales touchées. Sept semaines d’immobilisation complète. Une situation d’autant plus compliquée qu’un problème administratif la prive temporairement de revenus. Son compagnon doit interrompre son travail pour s’occuper des enfants.

Les mois passent, mais les séquelles restent. Rééducation douloureuse, perte de sept centimètres de masse musculaire, plus de vingt kilos pris, incapacité à reprendre son travail normalement. Ce n’est qu’en août 2025 qu’elle peut repasser à mi-temps. Une fragilité persistante la limite encore aujourd’hui.

Un magasin qui assure avoir fait son travail de nettoyage

Dans le magasin, l’incident laisse peu de traces. Un employé du rayon fruits et légumes explique que la procédure est simple : si quelque chose tombe au sol, l’équipe nettoie immédiatement, notamment à l’aide d’une machine adaptée. Le sol en béton poli permet selon lui de repérer rapidement les saletés. Pour Marie-Line, la réalité a été tout autre.

Dès les jours qui suivent sa chute, elle commence ses premières démarches, mais tout se complique.

Assurance, vidéosurveillance et dossier incomplet : la bataille judiciaire s’enlise

Marie-Line demande d’abord le contrat d’assurance du magasin. Refus. Elle demande ensuite les images de vidéosurveillance, essentielles pour prouver la présence de la feuille de salade. Mais là encore, obstacle : les enregistrements ne sont plus disponibles.

En février 2025, son avocate envoie plusieurs courriers, puis une assignation en référé. Le 15 avril, la décision tombe : la justice rejette la demande de la cliente et, pire encore, la condamne à verser 3.000 euros au magasin au titre des frais de défense.

Un choc supplémentaire. Elle explique avoir eu l’impression d’être sanctionnée une deuxième fois.

Un second référé prévu le 20 novembre

Déterminée à faire reconnaître son préjudice, Marie-Line s’entoure désormais d’une avocate spécialisée en dommages corporels, Maître Jennifer Lebrun. Une nouvelle procédure est lancée pour tenter d’obtenir une expertise judiciaire et relancer le dossier.

Le second référé est fixé au 20 novembre. Pour la psychologue, l’objectif n’est pas seulement personnel. Elle veut attirer l’attention sur les démarches à suivre après une chute dans un commerce, car elle estime avoir été prise au dépourvu.

Le message qu’elle veut faire passer

Aujourd’hui, elle regrette de ne pas avoir eu les bons réflexes le jour de l’accident. Elle conseille désormais aux victimes de :

  • appeler immédiatement les secours,
  • demander un constat écrit,
  • prendre des photos datées du sol et de la zone,
  • récupérer les témoignages des clients présents.

Pour elle, la chute peut sembler dérisoire, presque grotesque. Mais les séquelles physiques, psychologiques et financières, elles, sont bien réelles.

Une affaire qui interroge sur les responsabilités dans les magasins

L’histoire de Marie-Line relance un débat récurrent : les clients doivent-ils prouver eux-mêmes l’état du sol au moment de l’accident, ou les enseignes ont-elles l’obligation d’assurer un niveau de sécurité permanent et vérifiable ? Entre manque de preuves, vidéos effacées et procédures complexes, de nombreuses victimes se retrouvent démunies.

En attendant la décision du 20 novembre, Marie-Line continue sa rééducation, espère être entendue, et souhaite que son histoire serve à d’autres.


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