« Ne rien acheter » pendant un mois : ce défi viral permettrait d’économiser près de 300 euros
Et si le meilleur moyen de faire des économies était simplement de ne plus acheter tout ce dont vous n’avez pas réellement besoin ? Très populaire sur les réseaux sociaux, le « No Spend Challenge » séduit de plus en plus de jeunes Français. À la clé : plusieurs centaines d’euros potentiellement économisés en seulement un mois.
Restaurants, vêtements, achats impulsifs, livraisons de repas, cafés à emporter ou abonnements inutilisés… Pris séparément, ces petits plaisirs semblent parfois insignifiants. Pourtant, lorsqu’on les additionne sur plusieurs semaines, la facture peut rapidement devenir importante.
C’est précisément ce que cherche à démontrer le « No Spend Challenge », également appelé « No Buy Challenge ». Le principe consiste à passer plusieurs semaines sans effectuer de dépenses non essentielles.
Et le phénomène prend de l’ampleur.
Selon une enquête menée auprès de jeunes adultes français, les participants estiment pouvoir économiser environ 293 euros en moyenne en un mois grâce à ce type de défi.
Le « No Spend Challenge », c’est quoi exactement ?
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, il ne s’agit évidemment pas de ne plus dépenser un seul euro.
Les dépenses indispensables continuent d’être payées :
- alimentation ;
- loyer ;
- factures ;
- carburant ou transports ;
- santé ;
- dépenses liées au travail ou à la famille.
En revanche, l’objectif est de supprimer temporairement les achats considérés comme facultatifs.
Cela peut concerner les vêtements, les objets de décoration, les repas commandés à domicile, les restaurants, les achats réalisés par ennui ou encore certaines sorties payantes.
Pendant quelques semaines, chaque achat doit donc répondre à une question très simple :
« Est-ce que j’en ai réellement besoin ? »
Une interrogation qui peut suffire à éviter de nombreuses dépenses impulsives.
293 euros économisés en moyenne
Le potentiel d’économies peut être conséquent.
Selon une étude réalisée par l’application de gestion budgétaire Plum auprès de 1 000 Français âgés de 18 à 34 ans, les participants à ce type de défi pensent pouvoir mettre de côté environ 293 euros en moyenne.
Les estimations varient toutefois selon les personnes et leurs habitudes de consommation.
Dans l’enquête, les hommes interrogés estimaient pouvoir économiser environ 362 euros, contre 234 euros chez les femmes.
Bien entendu, ces montants restent des moyennes. Une personne qui commande régulièrement des repas ou achète souvent des vêtements pourrait économiser beaucoup plus qu’une personne déjà très attentive à ses dépenses.
Plus d’un jeune sur deux tenté par l’expérience
Ce type de défi rencontre particulièrement du succès auprès des jeunes générations.
Toujours selon l’enquête citée, 51 % des Français âgés de 18 à 34 ans interrogés prévoyaient de tenter un « No Spend Challenge » en septembre 2026.
Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large.
Sur TikTok, Instagram ou YouTube, les vidéos consacrées à la gestion du budget se multiplient : méthodes d’épargne, suivi des dépenses, minimalisme ou encore astuces permettant d’éviter les achats inutiles.
De nombreux jeunes souhaitent désormais comprendre précisément où part leur argent.
Car le problème ne vient pas toujours des grosses dépenses.
Il peut simplement s’agir d’une accumulation de petites sommes.
Un café à 4 euros, une livraison à 20 euros, un vêtement à 35 euros ou une commande réalisée sur un coup de tête peuvent sembler anecdotiques.
Mais répétées plusieurs fois dans le mois, ces dépenses peuvent facilement représenter plusieurs centaines d’euros.
Une méthode efficace contre les achats impulsifs
L’un des principaux intérêts de ce défi consiste justement à ralentir le processus d’achat.
Aujourd’hui, quelques secondes suffisent souvent pour commander un produit.
Carte bancaire enregistrée, paiement sans contact, Apple Pay ou applications marchandes rendent l’achat presque invisible.
Pour limiter les tentations, certaines personnes utilisent donc des méthodes très simples.
Par exemple :
supprimer temporairement les applications de shopping, retirer sa carte bancaire des sites marchands ou encore désactiver le paiement mobile.
Ajouter une étape supplémentaire avant de payer peut parfois suffire à faire disparaître l’envie.
Une autre méthode consiste à appliquer la règle des 48 heures.
Vous avez envie d’un nouvel objet ?
Ajoutez-le à votre panier, mais attendez deux jours avant de l’acheter.
Dans de nombreux cas, l’envie aura disparu entre-temps.
Faire la différence entre une envie et un besoin
Le véritable objectif du « No Buy Challenge » est surtout de reprendre conscience de ses habitudes de consommation.
Avant chaque achat, quelques questions peuvent aider :
« Est-ce réellement indispensable ? »
« Est-ce que je possède déjà quelque chose de similaire ? »
« Est-ce que j’achèterais cet objet s’il fallait payer en espèces ? »
« Est-ce que je vais encore l’utiliser dans six mois ? »
« Est-ce que cet achat correspond à un besoin ou simplement à une envie immédiate ? »
Ces quelques secondes de réflexion peuvent profondément modifier notre manière de dépenser.
Le piège à éviter : transformer le défi en privation totale
Faire attention à son budget ne signifie pas nécessairement supprimer tout plaisir.
Un défi trop strict peut même produire l’effet inverse.
Après plusieurs semaines de frustration, certaines personnes pourraient être tentées de compenser en multipliant les achats une fois le challenge terminé.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de vivre pendant un mois sans loisirs.
Il s’agit plutôt d’identifier les dépenses que l’on réalise automatiquement sans réellement en profiter.
Vous pouvez par exemple conserver un restaurant prévu avec des proches tout en supprimant les trois commandes de repas réalisées dans le mois simplement parce que vous n’aviez pas envie de cuisiner.
La démarche devient alors beaucoup plus facile à tenir.
Une méthode simple pour essayer le défi pendant 30 jours
Pour ceux qui souhaitent tenter l’expérience, il peut être utile de définir les règles avant de commencer.
Vous pouvez décider d’autoriser uniquement les dépenses suivantes :
alimentation, logement, factures, santé, transport et dépenses réellement indispensables.
Créez ensuite une liste des dépenses interdites pendant 30 jours : vêtements, décoration, achats impulsifs, livraison de repas ou objets électroniques, par exemple.
Enfin, notez chaque achat évité.
Un vêtement à 40 euros finalement laissé en magasin ?
Ajoutez 40 euros à votre compteur d’économies.
Une livraison de repas à 25 euros remplacée par un dîner à la maison ?
Ajoutez 25 euros.
À la fin du mois, le résultat peut être surprenant.
Le véritable bénéfice pourrait arriver après le défi
Économiser quelques centaines d’euros reste évidemment intéressant.
Mais le principal avantage du « No Spend Challenge » pourrait être ailleurs.
Pendant plusieurs semaines, les participants apprennent à reconnaître leurs déclencheurs d’achat : ennui, stress, publicité, réseaux sociaux ou simple automatisme.
Et certaines habitudes peuvent rester après la fin du défi.
Commander moins souvent, comparer les prix, attendre avant un achat ou simplement vérifier son compte bancaire plus régulièrement peut alors devenir naturel.
Le défi ne consiste donc pas réellement à « ne rien acheter ».
Il permet surtout de comprendre ce que l’on achète sans en avoir réellement besoin.
Et si l’expérience permet effectivement d’économiser près de 300 euros en un mois, la meilleure économie reste peut-être celle réalisée sur les mois et les années qui suivent.
