« 3 000 euros par mois et 9 semaines de congés » : la réalité du métier d’assistante maternelle après la polémique Capital

Le récent reportage de Capital, diffusé sur M6, a déclenché une vive polémique. En présentant le métier d’assistante maternelle comme une activité particulièrement lucrative — jusqu’à 3 000 euros par mois et 9 semaines de congés — l’émission a suscité l’incompréhension, voire la colère, de nombreux professionnels de la petite enfance.
Mais que se cache-t-il réellement derrière ces chiffres accrocheurs ?

Un salaire loin d’être uniforme

Contrairement à l’image renvoyée par le reportage, le revenu d’une assistante maternelle n’est ni fixe ni garanti. Il dépend de nombreux paramètres :

  • le nombre d’enfants accueillis,
  • le nombre d’heures effectuées,
  • le type de contrat (année complète ou incomplète),
  • la région d’exercice,
  • et la continuité des contrats avec les familles.

Dans le cas mis en avant par Capital, les 3 000 euros annoncés incluent des indemnités (repas, entretien, matériel), qui ne constituent pas un salaire mais un remboursement de frais réels. Ces sommes ne sont ni cotisées ni prises en compte pour la retraite. Rapporté sur une année complète, le revenu réel est souvent bien inférieur au montant affiché.

Des horaires encadrés, pas librement choisis

Autre idée reçue : la liberté totale des horaires. En réalité, une assistante maternelle est soumise à une réglementation stricte.
La durée de travail est plafonnée à 48 heures hebdomadaires en moyenne sur 4 mois, avec un maximum annuel d’environ 2 250 heures. Dépasser ces seuils peut entraîner des sanctions, voire la perte de l’agrément en cas de contrôle ou d’accident.

Loin de « fixer ses règles », l’assistante maternelle répond à des besoins précis des familles et fonctionne par contrats successifs, parfois discontinus, avec des périodes sans enfant accueilli… donc sans salaire.

Les congés : un sujet souvent mal compris

Le point le plus critiqué du reportage concerne les 9 semaines de congés. Dans les faits, seules 5 semaines sont réellement payées, comme pour tout salarié.
Les semaines supplémentaires correspondent à des absences programmées, prévues dès la signature du contrat, mais non rémunérées. Leur impact est simplement lissé sur l’année, ce qui peut donner l’illusion d’un salaire élevé à certains moments, sans refléter le revenu réel sur douze mois.

Un métier exigeant et souvent sous-estimé

Être assistante maternelle ne se résume pas à « garder des enfants ». C’est un métier qui demande :

  • une responsabilité permanente,
  • une vigilance constante,
  • des compétences éducatives, affectives et organisationnelles,
  • et une forte implication émotionnelle.

Malgré son rôle essentiel dans l’équilibre des familles et l’accueil de la petite enfance, la profession reste fragile, dépendante de facteurs externes (naissances, places en crèche, décisions parentales).

Une représentation médiatique à nuancer

La réaction d’Angélique, assistante maternelle expérimentée, illustre le malaise d’une profession qui se sent caricaturée. Le reportage de Capital, en se focalisant sur un cas particulier, donne une vision partielle et trompeuse d’un métier complexe, aux réalités très variables.

Avant de parler de « métier qui rapporte », il est essentiel de rappeler que la majorité des assistantes maternelles ne roulent pas sur l’or, travaillent souvent bien au-delà de 35 heures, et jonglent avec une précarité contractuelle encore trop peu reconnue.

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