Il se chauffe avec des beignets industriels : l’expérience virale qui interroge sur le coût réel de l’énergie

Face à l’explosion des prix de l’énergie, certains particuliers redoublent d’imagination… parfois jusqu’à l’absurde. En Europe de l’Est, un bricoleur a récemment fait le buzz en testant une méthode de chauffage pour le moins inattendue : alimenter son poêle à bois avec des beignets industriels bon marché. Derrière l’aspect insolite de l’expérience, une question sérieuse émerge : un produit alimentaire très calorique peut-il réellement rivaliser avec le bois comme combustible ?

Une expérience choc en pleine crise énergétique

Dans une vidéo largement partagée sur Internet, cet amateur de bricolage a rempli son poêle en fonte avec plus d’une centaine de beignets achetés en grande surface discount. L’objectif n’était pas seulement de faire parler de lui, mais de vérifier concrètement leur capacité à produire de la chaleur.

Pour démarrer la combustion, un peu de petit bois a été utilisé. Très vite, la température interne du poêle a grimpé, liquéfiant l’huile contenue dans la pâte frite. Une fois chauffée à haute température, cette huile s’est enflammée, créant une combustion intense et durable.

Selon ses mesures, le feu aurait tenu plusieurs heures, avec une hausse notable de la température ambiante dans la pièce. La paroi du poêle aurait même atteint des températures comparables à celles obtenues avec du bois classique.

Pourquoi un beignet brûle si bien

Aussi surprenant que cela puisse paraître, un aliment riche en sucre et en matières grasses constitue un excellent réservoir d’énergie. D’un point de vue purement physique, les graisses sont parmi les substances les plus énergétiques que l’on puisse consommer — ou brûler.

Le pouvoir calorifique de ces pâtisseries industrielles se rapproche ainsi de celui des briquettes de bois compressé. Autrement dit, à poids égal, elles peuvent libérer une quantité d’énergie comparable lors de la combustion.

Ce phénomène s’explique simplement :

  • Les lipides (graisses) brûlent très efficacement
  • Le sucre agit également comme combustible
  • La faible teneur en eau facilite l’inflammation
  • La structure dense permet une combustion prolongée

En théorie, tout aliment très calorique peut donc produire de la chaleur… mais cela ne signifie pas que ce soit une solution viable.

Un combustible moins cher que le bois ?

L’aspect le plus controversé de cette expérience concerne le coût. Dans le cas présenté, ces pâtisseries discount revenaient moins cher au kilo que du bois de chauffage sec. Pour une énergie produite similaire, la facture semblait donc plus faible.

Cependant, cette comparaison reste trompeuse. Les prix varient énormément selon les pays, les saisons et les circuits d’approvisionnement. Dans de nombreuses régions, le bois demeure l’une des sources d’énergie les plus économiques, surtout lorsqu’il est acheté en vrac ou produit localement.

De plus, brûler des aliments achetés au détail n’a aucun sens économique à grande échelle.

Des risques importants pour la sécurité

Au-delà de l’anecdote, utiliser des produits gras dans un poêle conçu pour le bois comporte de réels dangers :

  • Flammes très vives et difficilement contrôlables
  • Risque de surchauffe du poêle
  • Encrassement rapide du conduit par les résidus gras
  • Production potentielle de fumées toxiques
  • Risque accru d’incendie

Les fabricants de poêles déconseillent formellement d’y brûler autre chose que les combustibles prévus (bois sec, granulés certifiés, briquettes adaptées).

Un symbole du malaise énergétique

Si cette histoire a autant marqué l’opinion, c’est qu’elle reflète une réalité plus profonde : la précarité énergétique touche de plus en plus de ménages. Lorsque chauffer son logement devient un luxe, certains cherchent des alternatives, même farfelues.

L’expérience met aussi en lumière un paradoxe troublant : des aliments ultra-transformés et très bon marché peuvent contenir une densité énergétique telle qu’ils rivalisent, en théorie, avec des combustibles traditionnels.

Entre provocation et réflexion

Au final, il est peu probable que quiconque adopte réellement le chauffage aux pâtisseries. L’intérêt de cette expérience est surtout symbolique. Elle interroge :

  • le prix de l’énergie
  • la valeur réelle des produits alimentaires industriels
  • le gaspillage potentiel
  • les inégalités face au coût du chauffage

Plus qu’une solution, c’est un signal d’alarme sur une situation où se chauffer devient un défi pour une partie de la population.

Conclusion

Brûler des beignets pour se chauffer restera sans doute une curiosité d’Internet plutôt qu’une innovation domestique. Mais cette expérience insolite rappelle une vérité fondamentale : toute matière riche en énergie peut, physiquement, servir de combustible. Reste à savoir si une société moderne doit en arriver là pour faire face à ses besoins essentiels.

Derrière le buzz, une question persiste : jusqu’où ira l’ingéniosité — ou le désespoir — face à la hausse du coût de l’énergie ?

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