À 24 ans, Arnau vit presque en autosuffisance dans les montagnes : « Je ne retournerais pas à une vie classique »

À seulement 24 ans, Arnau mène une existence très éloignée de celle de la plupart des jeunes de son âge. Alors que beaucoup commencent leurs études supérieures, cherchent un premier emploi ou s’installent dans une grande ville, ce jeune Catalan a choisi de vivre au cœur des montagnes.

Dans un petit village entouré de nature, il cultive ses légumes, chasse une partie de sa nourriture, élève des animaux et fabrique lui-même certains équipements indispensables à son quotidien. Un mode de vie simple et presque autonome qu’il partage régulièrement avec ses nombreux abonnés sur les réseaux sociaux.

Une enfance à Barcelone marquée par un profond mal-être

Arnau est né et a grandi à Barcelone. Pourtant, malgré les possibilités offertes par la grande ville, il ne s’y est jamais vraiment senti à sa place.

Durant son adolescence, il raconte avoir traversé une période difficile. Il manquait d’énergie, ne trouvait plus de motivation dans ses études et éprouvait une forme de lassitude permanente.

« Je me levais le matin sans énergie. J’étudiais, mais j’avais l’impression de ne pas avancer. Je n’avais envie de rien », explique-t-il dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube.

Ce mal-être lui a progressivement fait comprendre que la vie urbaine ne correspondait peut-être pas à ses véritables besoins.

Un week-end à la campagne qui change tout

Le déclic se produit alors qu’Arnau n’a que 15 ans. Ses parents l’emmènent passer quelques jours à la campagne, dans un environnement beaucoup plus calme et naturel.

Le jeune homme découvre alors un quotidien fait de promenades, de travaux manuels, de jardinage et de vie en plein air. Il comprend rapidement qu’il se sent beaucoup plus heureux dans cet environnement que dans les rues animées de Barcelone.

« J’aimais davantage ce que je faisais pendant les week-ends à la campagne que tout ce que je faisais durant la semaine en ville », confie-t-il.

À partir de ce moment, l’idée de quitter Barcelone commence à prendre forme. Trois ans plus tard, lorsqu’il atteint l’âge de 18 ans, Arnau décide finalement de changer complètement de vie.

À 18 ans, il quitte la ville pour s’installer dans les montagnes

Arnau s’installe seul dans un petit village situé au milieu des montagnes catalanes. Son objectif n’est pas simplement de vivre loin du bruit, mais d’apprendre à produire lui-même une grande partie de ce dont il a besoin.

Au fil des années, il acquiert de nombreuses compétences. Il apprend à entretenir un potager, à conserver ses récoltes, à utiliser des matériaux récupérés et à s’adapter aux saisons.

Aujourd’hui, une grande partie de son alimentation provient directement de son environnement.

Il chasse pour se nourrir depuis son adolescence

La chasse occupe également une place importante dans son quotidien. Arnau a commencé à accompagner les chasseurs de son village dès l’âge de 15 ans.

Cette activité lui a permis d’apprendre à reconnaître les animaux, à respecter les périodes de chasse et à utiliser la viande destinée à la consommation.

Pour lui, il ne s’agit pas uniquement d’un loisir. La chasse représente aussi une manière de comprendre l’origine de son alimentation et de limiter sa dépendance aux circuits de consommation traditionnels.

Il explique néanmoins ne pas vivre uniquement de ce qu’il chasse. Son mode de vie repose sur un équilibre entre l’élevage, le potager, la chasse et quelques achats effectués dans les commerces.

Une serre construite avec des matériaux recyclés

Arnau consacre une grande partie de son temps à son potager. Afin de prolonger les périodes de culture et de protéger ses plantations des températures plus froides, il a construit sa propre serre.

La structure a été réalisée principalement à partir de matériaux recyclés ou récupérés. À l’intérieur, il cultive notamment des tomates, des haricots, des citrouilles ainsi que différents légumes de saison.

Cette serre lui permet de récolter une grande partie des produits nécessaires à ses repas. Il possède également plusieurs arbres fruitiers et conserve certains aliments pour les mois durant lesquels les récoltes sont moins abondantes.

Est-il réellement autosuffisant ?

Arnau préfère rester prudent lorsqu’il parle d’autosuffisance. Il estime disposer des ressources nécessaires pour se nourrir presque exclusivement grâce à ce qu’il produit, mais il ne cherche pas à se couper totalement des commerces.

Il continue notamment d’acheter du riz, de l’huile, du sel et quelques autres produits qu’il ne peut pas facilement fabriquer lui-même.

« Je ne dirais pas que je suis totalement autosuffisant. Mais si je décidais de manger uniquement ce que je produis, je pourrais probablement vivre correctement ici », reconnaît-il.

Son objectif n’est donc pas d’atteindre une autonomie absolue, mais plutôt de limiter sa dépendance à la consommation et de conserver une certaine liberté.

Un élevage de lapins pour gagner sa vie

Même lorsqu’on vit dans les montagnes, certaines dépenses restent inévitables. Arnau a donc dû trouver une activité lui permettant de générer des revenus sans renoncer à son indépendance.

Le jeune homme élève des lapins qu’il vend ensuite à des particuliers. Cette activité lui permet de financer ses achats, l’entretien de son installation et ses différents projets.

Il organise son travail selon ses propres horaires et refuse l’idée de retrouver un emploi traditionnel.

« Je ne voudrais pas travailler pour quelqu’un, devoir respecter des horaires fixes et attendre qu’on m’autorise à partir », affirme-t-il.

Son élevage est donc à la fois une source de revenus et un moyen de préserver le mode de vie qu’il a choisi.

Les réseaux sociaux, indispensables à son activité

Malgré son désir de vivre plus simplement, Arnau n’a pas totalement rejeté la technologie. Son téléphone et les réseaux sociaux occupent même une place essentielle dans son organisation.

Grâce à Instagram, YouTube et d’autres plateformes, il partage son quotidien, présente ses récoltes, montre ses constructions et fait connaître son élevage.

Cette visibilité lui permet de trouver de nouveaux acheteurs, mais aussi de transmettre ses connaissances à des internautes intéressés par l’autonomie, le jardinage ou la vie rurale.

Il serait donc faux de penser qu’Arnau vit totalement isolé du monde moderne. Il utilise simplement la technologie comme un outil, sans la laisser contrôler son quotidien.

Un mode de vie qui attire de plus en plus de jeunes

Le parcours d’Arnau suscite beaucoup de curiosité sur les réseaux sociaux. Il est aujourd’hui suivi par plus de 100 000 personnes, fascinées par son quotidien et par sa capacité à fabriquer, cultiver et produire une grande partie de ce dont il a besoin.

Son histoire reflète également une tendance plus large. Face au coût de la vie, au stress des grandes villes et à la recherche permanente de productivité, de nombreux jeunes rêvent désormais d’un quotidien plus calme et plus proche de la nature.

Pourtant, Arnau rappelle indirectement que cette vie demande aussi beaucoup de travail. Cultiver un potager, entretenir une serre, nourrir les animaux et préparer l’hiver nécessite du temps, de la patience et une certaine discipline.

Libre, mais pas coupé du monde

Le jeune Catalan ne cherche pas à vivre comme un ermite. Il reste en contact avec sa famille, utilise les réseaux sociaux et se rend régulièrement dans les commerces lorsqu’il en a besoin.

Son choix repose surtout sur une recherche de liberté. Il veut pouvoir décider de son emploi du temps, produire une partie de sa nourriture et éviter la routine d’une vie professionnelle qui ne lui conviendrait pas.

Pour Arnau, vivre simplement ne signifie donc pas refuser toute forme de modernité. Il s’agit plutôt de sélectionner ce qui lui paraît réellement utile et de se débarrasser du superflu.

À seulement 24 ans, il semble avoir trouvé un équilibre qui lui correspond : une vie au rythme des saisons, faite de travail manuel, de nature et d’indépendance. Un choix radical qui ne conviendrait certainement pas à tout le monde, mais qu’il affirme ne regretter pour rien au monde.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *